Les dividendes sont des revenus fréquemment distribués dans les sociétés. Ils reviennent aux associés et font l’objet, d’un point de vue fiscal, d’une imposition particulière. Cette rubrique du Coin des Entrepreneurs vous dévoile tout ce qu’il faut connaître à leur sujet : de quoi s’agit-il ? Par qui sont-ils décidés ? Comment sont-ils imposés ? Supportent-t-ils les cotisations sociales ?

Qu’est-ce qu’un dividende ?
Les dividendes correspondent à la partie des bénéfices générés par une société qui est reversée à ses associés ou ses actionnaires. En pratique, on parle plus précisément de bénéfices distribuables. Il peut s’agir des bénéfices réalisés au cours d’une année, majorés de l’accumulation de bénéfices non-encore distribués et portés en réserves ou laissé en report à nouveau. À ce montant, il faut soustraire les éventuelles pertes antérieures qui n’ont pas encore été apurées, le cas échéant. Des règles strictes encadrent la distribution de dividendes.
Qui décide du versement de dividendes ?
En principe, la distribution des dividendes est décidée par la collectivité des associés ou des actionnaires à l’occasion de l’assemblée générale ordinaire annuelle (AGOA) qui approuve les comptes de l’exercice et décide de l’affectation du résultat. Des distributions exceptionnelles et le versement d’acomptes sur dividendes sont toutefois possibles en cours d’année, sans attendre cette échéance annuelle. Il est important de retenir que la décision de distribuer des dividendes appartient obligatoire aux associés. Les statuts ne peuvent en aucun cas en prévoir autrement.
Comment sont imposés les dividendes ?
Les dividendes perçus par les associés ou actionnaires personnes physiques constituent, sur le plan fiscal, des revenus de capitaux mobiliers. Ils sont, en principe, soumis au prélèvement forfaitaire obligatoire de 31,4 %. Ce dernier comprend un acompte d’impôt sur le revenu (12,8 %), ainsi que les prélèvements sociaux (18,6 %). Sans option, le PFO est libératoire. Autrement, les associés peuvent également opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les dividendes bénéficient alors d’un abattement de 40 %. Le montant net supporte le barème progressif de l’impôt sur le revenu et la CSG devient partiellement déductible du revenu imposable (6,8 %).
Enfin, lorsque les dividendes sont versés à des personnes morales (sociétés), ils sont traités comme un produit traditionnel, à moins que la société soit soumise à l’impôt sur les sociétés (IS) et remplisse les conditions pour bénéficier du régime mère-fille. Ce dispositif lui permet de bénéficier d’une exonération d’impôt pour 95 % du montant des dividendes.
Les dividendes sont-ils soumis aux cotisations sociales ?
Dans la plupart des cas, les dividendes ne supportent pas les cotisations sociales. Il existe toutefois quelques exceptions à ce principe. Elles concernent les sociétés à responsabilité (SARL), les entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée (EURL) et les SEL assimilées à ces formes juridiques (SELARL et SELURL).
Ainsi, supportent les cotisations sociales les dividendes versés :
- Aux gérants majoritaires de SARL et de SELARL (qui détiennent plus de 50 % du capital social) ;
- Aux gérants associés uniques d’EURL et de SELURL (personnes physiques, c’est-à-dire particuliers).
Pour ces personnes, les dividendes qui dépassent 10 % du capital et du solde moyen du compte courant d’associé sont soumis aux cotisations sociales des travailleurs non-salariés (TNS). Assimilés à des revenus du travail, ils ne supportent pas les prélèvements sociaux de 18,6 % mais la CSG et la CRDS au taux global de 9,7 %.