Les membres de certaines professions libérales ont la possibilité d’exercer leur activité par le biais d’une société spécifique : la société d’exercice libéral (SEL). Cette catégorie d’entreprise correspond à l’adaptation des formes juridiques existantes de sociétés commerciales pour l’exercice d’une activité libérale. Cette rubrique proposée par Le Coin des Entrepreneurs, vous dévoile tout ce qu’il faut savoir au sujet des SEL.

La société d’exercice libéral (SEL) : définition et caractéristiques
La société d’exercice libéral (SEL) englobe plusieurs formes juridiques de sociétés. Ce statut n’est ouvert qu’à certaines professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre bénéficie d’une protection. Il existe 3 familles concernées : les professions de santé, les professions juridiques et judiciaires, et les professions techniques et du cadre de vie.
Bien qu’ayant un objet civil, les SEL sont assimilés à des sociétés commerciales. Par conséquent, leurs bénéfices supportent l’impôt sur les sociétés (IS) à l’exception de la SELARL à associé unique personne physique (soumise à l’impôt sur le revenu).
La plupart des règles applicables aux sociétés commerciales valent également pour les SEL, à quelques exceptions près. Par exemple, les cessions de titres, y compris dans les SELAFA nécessitent un agrément des associés en place.
Les différentes formes de société d’exercice libéral (SEL)
Il existe 4 formes de sociétés d’exercice libéral :
- La SEL à forme anonyme (SELAFA),
- La SEL par actions simplifiée (SELAS),
- La SEL en commandite par actions (SELCA),
- Et la SEL à responsabilité limitée (SELARL).
La SEL emprunte les caractéristiques de la société commerciale à laquelle elle est assimilée :
- La société anonyme (SA) pour la SELAFA,
- La société par actions simplifiée (SAS) pour la SELAS,
- La société en commandite par actions (SCA) pour la SELCA,
- Et la société à responsabilité limitée (SARL) pour la SELARL.
Comme la SARL et la SAS, la SELARL et la SELAS peuvent fonctionner avec un seul associé. On parle alors de SELURL (SEL unipersonnelle à responsabilité limitée) et de SELASU (SEL par actions simplifiée unipersonnelle).
Les principaux avantages et inconvénients de chaque SEL
La SELARL présente plusieurs avantages. Tout d’abord, elle fonctionne indifféremment à un ou plusieurs associés (elle partage ce point fort avec la SELAS). Ensuite, le statut social du gérant majoritaire coûte peu cher à la société, en comparaison avec les dirigeants des autres formes de SEL. En effet, ce dernier est affilié à la sécurité sociale des indépendants (SSI). Les cotisations sociales représentent environ 45 % de sa rémunération nette. La SELARL est un statut juridique très encadré par la loi, ce qui apporte une certaine sécurité aux associés. La SELARL a cependant quelques inconvénients : les dividendes qu’elle distribue aux associés-gérants supportent les charges sociales et les droits d’enregistrement de cessions de parts sociales sont assez lourds.
La SELAS, quant à elle, offre un cadre juridique ultra-flexible et personnalisable à grande échelle aux professions libérales réglementées. Il est possible d’en organiser très librement le fonctionnement. Les droits d’enregistrement dus en cas de cession d’actions sont très faibles : 0,10 % seulement. De plus, les dividendes qu’une SELAS verse à ses associés ne supportent jamais les cotisations sociales. Les dirigeants ont le statut d’assimilé-salarié et ils bénéficient du régime général de la sécurité sociale, très protecteur. En revanche, les cotisations sociales coûtent très cher à la société. Il faut compter plus de 80 % du salaire net versé… Enfin, la liberté statutaire à un revers : le risque de commettre des erreurs ou des oublis, aux conséquences potentiellement désastreuses pour l’entreprise.
La SELAFA et la SELCA sont relativement peu utilisées dans la pratique. Ce sont des structures assez lourdes à faire fonctionner, et qui génèrent des frais importants.
En cas de besoin, un dossier spécial est consacré à la comparaison des différentes formes de SEL.
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