Lancer une entreprise indépendante tout en conservant son emploi salarié est une stratégie intéressante pour tester une idée sans prendre de risques financiers majeurs. Pourtant, de nombreux projets de side business échouent avant même d’avoir généré le moindre revenu. Les causes peuvent être diverses et variées. Cela dit, voici les cinq erreurs majeures à éviter pour votre projet de side business.

Négliger les engagements qui résultent de votre activité salariée
C’est l’erreur la plus fréquente et probablement la plus dangereuse pour vous et votre projet. Elle consiste, pour un salarié et futur entrepreneur, à lancer son side business sans prendre connaissance des obligations dont il est titulaire en vertu du contrat de travail qui le lie à son employeur. De nombreux salariés pensent, à tort, que leur vie privée et leurs projets personnels n’engagent qu’eux, dans la mesure où leur travail salarié principal est effectué.
Avant de lancer votre projet d’entreprise, vous devez impérativement analyser votre contrat de travail. Une disposition s’applique sans qu’elle fasse l’objet d’une clause spécifique : l’obligation de loyauté. Elle est très simple à comprendre : vous ne pouvez pas utiliser le matériel de votre entreprise (ordinateur, logiciels, base de données) ni votre temps de travail pour développer votre projet. De plus, il vous est interdit de concurrencer directement votre employeur pendant votre contrat.
Cela dit, voici deux autres clauses qui peuvent bloquer votre projet (il en existe d’autres) :
- La clause d’exclusivité : Elle vous interdit d’exercer une autre activité professionnelle, qu’elle soit salariée ou indépendante ;
- La clause de non-concurrence : Elle s’applique généralement après la rupture de votre contrat de travail. Vous n’êtes donc pas concerné si vous conservez votre emploi dans un premier temps.
Dépenser sans compter, avant même de valider votre idée d’entreprise
En optant pour le side business, vous bénéficiez d’une certaine sécurité financière. Votre emploi salarié vous offre des revenus qui peuvent vous permettre de limiter vos besoins financiers personnels, et donc de puiser dans la trésorerie de votre future entreprise. Cela dit, certains créateurs d’entreprises s’en servent pour dépenser sans compter, avant même d’avoir validé l’idée ou trouvé ses clients (achats de matériels ou de stocks de départ importants).
Vous ne devez pas tomber dans cet écueil. Pour cela, vous pouvez appliquer la méthode du « Lean Startup ». L’objectif de cette démarche est de tester votre idée de création d’entreprise avec le budget le plus faible possible. Placez rapidement votre idée sur le marché (avant que le produit ou service ne soit finalisé) afin de la confronter à sa clientèle, puis améliorez la, grâce aux retours des clients. Vous pouvez la proposer en prévente ou la tester auprès d’un petit panel de clients.
Consacrer trop de temps à votre projet d’entreprise
Un side business n’est pas un travail à plein temps, ou, tout au moins, pas dans un premier temps… Une erreur très fréquente consiste à lancer un business qui exige une présence immédiate et continue, en oubliant le temps que vous devez nécessairement consacrer à votre emploi salarié. Certains projets sont complexes à gérer en parallèle d’un contrat de travail : e-commerce, métiers manuels, prestations de consulting en présentiel ou nécessitant de bloquer des rendez-vous, etc.
Privilégiez, dans la mesure du possible, des modèles automatisables, c’est-à-dire qui ne nécessitent que peu d’interventions humaines. Votre organisation doit vous permettre de vendre pendant que vous êtes occupé par votre activité salarié. Et surtout, ne prenez aucun engagement pendant les périodes où vous devez travailler pour votre employeur. Vous éviterez ainsi de vous mettre en danger en commettant d’éventuelles fautes sanctionnables…
Ne pas prendre le temps de choisir le bon statut juridique
Après avoir validé votre idée d’entreprise et vérifié la possibilité de vous engager dans votre projet, vous devez donner un cadre à celui-ci. Pour cela, il vous faut choisir un statut juridique. Cette étape est fondamentale. Le statut juridique est le choix de création d’entreprise le plus important que vous ayez à faire. Il impacte notamment votre statut social (taux des cotisations et couverture sociale), le régime d’imposition fiscale des bénéfices de votre entreprise, etc. Plusieurs erreurs peuvent vous guetter à ce niveau.
Ne faites pas un choix trop rapide, sur la base des recommandations de votre entourage, par exemple. Prenez le temps de prendre connaissance des différents statuts juridiques et comparez-les. Ne sélectionnez pas une forme d’entreprise trop complexe pour un petit projet. Créer une SASU pour une activité générant un chiffre d’affaires annuel de 5 000 euros peut être un non-sens. Enfin, anticipez correctement l’éventuelle croissance de votre activité. Si besoin, faites-vous aider par un expert-comptable.
Sous-estimer le montant de vos cotisations sociales
Le montage de votre projet passe nécessairement par une étape de chiffrage et d’évaluation de postes de dépenses professionnelles. Parmi eux, on retrouve notamment le montant des cotisations sociales. En pratique, force est de constater que beaucoup d’entrepreneurs sous-estiment le montant de leurs cotisations sociales. Également, ils anticipent mal les sorties de trésorerie (dates de prélèvement des échéances). Le régime des travailleurs non-salariés (TNS) est particulièrement concerné par cette remarque.
En micro-entreprise, les cotisations se calculent sur les recettes brutes encaissées. Vous devez les payer même si vos charges sont élevées. Dans les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu, c’est le bénéfice qui sert de base de calcul aux cotisations. Et vous ne pouvez pas y déduire votre rémunération. Dans les entreprises qui relèvent de l’impôt sur les sociétés, vos revenus réels constituent l’assiette sociale : rémunération brute (pour le président de SASU) ou nette (pour le gérant d’EURL) + dividendes supérieurs à 10 % du capital (pour l’EURL). Utilisez des simulateurs de calcul de cotisations sociales. Renseignez-vous sur les modalités de recouvrement de ces dernières.


