Le stock d’alerte – ou stock critique – dans le business plan

Le stock d’alerte, également appelé stock critique, correspond au montant minimum de stocks devant être physiquement présents dans l’entreprise. Lorsqu’une vente a pour effet d’abaisser le niveau de stocks en-dessous du stock d’alerte, elle déclenche immédiatement une nouvelle commande. Cette donnée, fondamentale, doit être prise en compte dans un business plan. Voici pourquoi.

Qu’est-ce qu’un stock d’alerte ?

Par définition, un stock d’alerte représente le niveau de stocks qui, une fois atteint, déclenche automatiquement et immédiatement une commande de réapprovisionnement auprès des fournisseurs concernés. Il correspond à un montant « plancher ».

Autrement dit, il s’agit d’une quantité minimale d’articles devant être physiquement présents dans les entrepôts de l’entreprise à chaque instant. Elle est définie par le chef d’entreprise, en fonction de plusieurs paramètres (le calcul est présenté au point n°3 de ce dossier).

Le stock critique doit tenir compte, non seulement des prévisions de ventes mais aussi – et surtout – du délai de livraison des fournisseurs car la consommation persiste pendant le délai d’approvisionnement. Un stock de sécurité est généralement ajouté à ce montant, il permet de faire face aux imprévus.

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Un business plan doit-il toujours comprendre un stock critique ?

A moins de prévoir une organisation de l’entreprise en flux tendu et une livraison sans délai (c’est-à-dire immédiatement à la commande), vous devez forcément définir un stock critique. Dans le cas contraire, vous vous exposerez au risque de rupture de stocks ; et cela ne vous fera pas bonne presse. A terme, vous perdrez probablement des clients.

Attention toutefois à ne pas tomber dans l’autre extrême. Définir un stock critique trop important pourra également jouer en votre défaveur. Cette stratégie peut avoir pour effet de dégrader votre besoin en fonds de roulement (nécessitant des financements complémentaires) et d’engendrer des surcoûts (stockage par exemple).

En résumé, un business plan d’entreprise de négoce doit, en général, comprendre un stock d’alerte. Cela dit, ce dernier ne doit être ni trop faible, ni trop important, afin de ne faire courir aucun risque à l’entreprise, et notamment ternir son image ou altérer sa situation financière.

Comment définir le stock d’alerte dans le business plan ?

En général, un stock d’alerte se détermine en additionnant un stock critique minimal et un stock de sécurité.

Le premier dépend du rythme des ventes (écoulement périodique des biens : le mois en général) ainsi que du délai de réapprovisionnement (délai, en jours, séparant la date de commande de la date de livraison effective des quantités commandées).

Le second, quant à lui, est plus subjectif ; il est généralement fixé par le porteur de projet en fonction de ses estimations de ventes et de sa propre expérience. Ce « matelas » permet notamment de faire face à l’imprévu : l’augmentation du rythme des ventes ou des retards de livraison.

Stock d’alerte dans le business plan = Stock critique minimal + Stock de sécurité

Pourquoi le stock critique est-il si important dans un business plan ?

Pour illustrer nos propos, prenons un exemple concret. Pour bien mesurer l’impact du stock d’alerte dans un business plan, nous avons volontairement simplifié les hypothèses de départ.

Prévisions de ventes

Un négociant construit son business plan et projette de réaliser les ventes suivantes (son taux de marge est de 60%) :

MoisNombre de ventesPrix de venteChiffre d’affaires
Janvier150100 €15 000 €
Février150100 €15 000 €
Mars200100 €20 000 €
Avril200100 €20 000 €
Mai150100 €15 000 €
Juin150100 €15 000 €
Juillet50100 €5 000 €
Août50100 €5 000 €
Septembre300100 €30 000 €
Octobre150100 €15 000 €
Novembre150100 €15 000 €
Décembre200100 €20 000 €
TOTAL1 900100 €190 000 €

Niveau de stocks et réapprovisionnement

Pour définir son stock critique, le négociant tient compte du délai de livraison (1 mois) et d’un stock de sécurité de 50 quantités. Voici son stock critique minimal et donc les quantités qu’il aura à commander chaque mois :

MoisQuantités à commanderPrix d’achatMontant des AchatsStocks début de moisStocks vendusStocks livrésStocks fin de mois
Début d’activité *20040 €8 000 €00200200
Janvier15040 €6 000 €200150150200
Février20040 €8 000 €200150200250
Mars20040 €8 000 €250200200250
Avril15040 €6 000 €250200150200
Mai15040 €6 000 €200150150200
Juin5040 €2 000 €20015050100
Juillet5040 €2 000 €1005050100
Août30040 €12 000 €10050300350
Septembre15040 €6 000 €350300150200
Octobre15040 €6 000 €200150150200
Novembre20040 €8 000 €200150200250
Décembre 200 (1)40 €8 000 €250200200250
(1) Hypothèse de ventes en janvier N+1 de 200 quantités

* On notera ici que le stock de départ, acheté avant même le lancement de l’activité, comprend les marchandises vendues en janvier (soit 150 quantités) ainsi que le stock de sécurité (50 quantités). Il est donc constitué de 200 articles de 40 €. Sa valeur s’élève donc à 8 000 €.

Impacts du stock critique dans les tableaux du business plan

Le stock critique est une donnée fondamentale. Elle a une influence, parfois significative, sur la trésorerie de l’entreprise. Également, elle a un impact sur le compte de résultat prévisionnel (variation de stocks : – 10 000 €) et sur le bilan prévisionnel (stocks finaux : + 10 000 €).

Mais, revenons sur le budget de trésorerie pour mettre en évidence l’importance du stock d’alerte. Faisons-en abstraction et mesurons son impact sur la trésorerie (hypothèse d’un délai de paiement fournisseurs de 0 jours) :

Hypothèses / mois010203040506070809101112TOT
Sans stock d’alerte
– Encaissements
– Décaissements
= Var. Trésorerie

15
-6
+9

15
-6
+9

20
-8
+12

20
-8
+12

15
-6
+9

15
-6
+9

5
-2
+3

5
-2
+3

30
-12
+18

15
-6
+9

15
-6
+9

20
-8
+12

190
-76
+114
Avec stock d’alerte
– Encaissements
– Décaissements
= Var. Trésorerie

15
-14
+1

15
-8
+7

20
-8
+12

20
-6
+14

15
-6
+9

15
-2
+13

5
-2
+3

5
-12
-7

30
-6
+24

15
-6
+9

15
-8
+7

20
-8
+12

190
-86
+104

L’écart du mois janvier est flagrant : – 8 000 €. La variation de trésorerie s’en retrouve même négative de – 7 000 € en août, du fait de l’anticipation des ventes de septembre. Sur l’année, la prise en compte du stock critique génère un écart de variation de trésorerie de 10 000 €.

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Thibaut Clermont

Co-fondateur du site Le Coin des Entrepreneurs et dirigeant de FCIC, société spécialisée dans l'édition de sites internet sur la création, la gestion et la reprise d'entreprise. Ancien expert-comptable stagiaire.

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