Le retrait d’un associé de SCI : motifs et conséquences

Créer mon entreprise

Un associé de société civile immobilière (SCI) peut demander à se retirer de la société. Il perçoit un remboursement de ses parts sociales et perd sa qualité d’associé. Ce droit de retrait fait toutefois l’objet d’un encadrement particulier. Les statuts peuvent le prévoir et ainsi préciser la démarche à suivre. Autrement, le retrait reste possible par décision unanime des associés. Enfin, il existe une procédure judiciaire qui permet à un associé invoquant un juste motif de se retirer. Le retrait a de nombreuses conséquences. Voici ce qu’il faut retenir au sujet du retrait d’un associé de SCI.

Les différentes formes de retrait d’un associé de SCI

Plusieurs causes peuvent être à l’origine du retrait d’un associé de SCI. Cela dit, le droit de retrait est un droit personnel. Il appartient exclusivement à l’associé concerné. Aucune autre personne ne peut être à l’initiative du retrait (les créanciers de la société par exemple). En pratique, il existe trois moyens de se retirer d’une SCI et donc de perdre la qualité d’associé. On distingue le retrait statutaire, le retrait par décision unanime et le retrait par décision de justice.

Le retrait statutaire d’un associé de SCI

Les statuts d’une SCI peuvent autoriser expressément un associé à se retirer de la société. Ils doivent, pour cela, contenir une clause spécialement prévue à cet effet. En pratique, le retrait peut être total ou partiel. Les conditions du retrait doivent être prévues dans les statuts. Ces derniers ont l’obligation de prévoir la procédure à suivre : forme de la demande de retrait (lettre recommandée ou remise en mains propres du gérant), éventuel préavis à respecter, conditions de majorité applicables à la décision autorisant le retrait, autorisation tacite à l’expiration d’un certain délai, conditions de remboursement des apports, etc.

Le retrait d’un associé de SCI par décision unanime

Lorsque les statuts restent muets quant à la possibilité de retrait d’un associé, celui-ci demeure tout de même envisageable. Le retrait nécessite toutefois une décision unanime des associés de la société. Pour cela, l’associé retrayant doit demander au gérant de provoquer une consultation des associés. Tous les associés de la SCI doivent voter en faveur du retrait. En effet, l’article 1869 du Code Civil impose une « décision unanime des autres associés ». Les statuts ne peuvent aménager cette disposition en prévoyant notamment une majorité moins importante.

Le retrait d’un associé de SCI par décision judiciaire

Le retrait par décision de justice est toujours possible, même si les statuts ne le prévoient pas. L’associé qui dépose une telle demande devant les tribunaux doit toutefois invoquer un « juste motif ». Ce sont les juges qui apprécient la pertinence motif présenté. La jurisprudence donne quelques éclaircissements à ce sujet. Il existe, par exemple, des motifs afférents à la situation personnelle de l’associé, des motifs financiers (abus de droit des associés majoritaires : refus de distribuer des dividendes, non-communication des comptes), la mésentente grave entre associés ayant pour effet de paralyser le fonctionnement de la SCI, etc.

Créer son entreprise - Nos outils pour vous accompagner

Les conséquences du retrait d’un associé de SCI

Indemnisation

L’associé retrayant a droit au remboursement de ses parts sociales. Le montant peut résulter d’une négociation et d’un accord conclu avec les autres associés. À défaut, les associés doivent demander au président du tribunal judiciaire la nomination d’un expert.

Publicité

Le retrait d’un associé indéfiniment responsable des dettes sociales fait l’objet d’une publicité. Les règles à appliquer sont celles prévues pour les cessions de parts sociales. Il convient de déposer une déclaration au registre du commerce (RCS) pour que le retrait soit opposable aux tiers.

Réduction de capital

L’opération de retrait d’un associé de SCI se solde par une réduction de capital, assortie d’une annulation des parts sociales de l’associé retrayant. L’opération peut générer une certaine fiscalité, notamment dans les SCI soumises à l’impôt sur les sociétés (IS).

Thibaut Clermont

Co-fondateur et rédacteur du site Le Coin des Entrepreneurs
Média online de référence sur la création, la reprise et la gestion d'entreprise
Expert en création d’entreprise

Créer son entreprise


2 commentaires sur “Le retrait d’un associé de SCI : motifs et conséquences”

  1. Regis dit :

    Bonjour,
    J’avais une SCI et j’avais mis ma femme gérante j’étais actionnaire à parts égales. Nous avons divorcé et m’a femme a supprimé mon accès aux comptes bancaires. Depuis, je n’ai plus de nouvelles… Il restait pourtant des sommes sur le compte. Comment puis-je faire valoir mes droits ?

    • Thibaut Clermont dit :

      Bonjour,
      En sa qualité de gérante, votre femme peut gérer seule le compte bancaire de la SCI. Elle peut, par ailleurs, retirer un procuration aux associés et l’accès aux comptes bancaires si les statuts lui confèrent ces pouvoirs.
      Toutefois, en votre qualité d’associé, vous bénéficiez également de certains droits. Vous pouvez notamment la possibilité d’obtenir les comptes de la SCI et de participer aux décisions importantes. Vous pouvez, par exemple, demander des informations sur la gestion et la tenue d’une assemblée. Les sommes d’argent qui figurent sur le compte de la SCI lui appartiennent en principe, tant qu’elle existe.
      Compte tenu de la complexité de votre situation, je vous recommande fortement de vous faire accompagner par un avocat en droit des sociétés ou par votre notaire.
      Bon courage. Cordialement.

Poster un commentaire

Nous ferons de notre mieux pour vous répondre dans des délais raisonnables. Vous pouvez demander à tout moment la rectification ou la suppression de vos informations à caractère personnel : Nous contacter


Copyright © SARL F.C.I.C numéro 00054488 - Le Coin des Entrepreneurs - création, reprise et gestion d'entreprise - Marque déposée à l'INPI - Édité par F.C.I.C Médias web pour entrepreneurs