Quels sont les statuts juridiques à éviter ?

En pratique, il n’y a pas de « mauvais » statut juridique. À chaque situation est adapté un statut juridique. Concrètement, le choix va dépendre de plusieurs paramètres, comme l’ampleur du projet, la nature de l’activité, le schéma de sortie de ressources, etc. Cela dit, il existe des statuts juridiques risqués. Certains peuvent aussi s’avérer coûteux pour l’entreprise, voire dangereux si toutes les précautions ne sont pas prises quant à la rédaction des statuts. Voici une liste de statuts juridiques à éviter en fonction de situations bien particulières.

Les statuts juridiques à la responsabilité illimitée

L’entrepreneur, qu’il se lance seul ou avec d’autres personnes (que l’on appelle des associés), met en jeu sa responsabilité. L’étendue de celle-ci dépend notamment du statut juridique de son entreprise. Dans les sociétés par actions (SAS, SA, SASU…) et dans les sociétés à responsabilité limitée (SARL, EURL), la responsabilité des associés est limitée au montant des apports au capital social. Cela signifie qu’ils ne peuvent perdre plus d’argent que celui qu’ils ont apporté à la société pour avoir la qualité d’associé.

Pour d’autres statuts, en revanche, la responsabilité n’a aucune limite. C’est notamment le cas de la société en nom collectif (SNC) et des sociétés civiles (immobilière (SCI), professionnelle (SCP), de moyens (SCM), etc.). Dans les SNC, la responsabilité est indéfinie et solidaire. Cela signifie qu’un créancier de l’entreprise défaillante peut se retourner vers n’importe quel associé pour lui réclamer la totalité de son dû. Dans les sociétés civiles, il n’y a pas de solidarité. Chaque associé répond des dettes à proportion de sa part dans le capital social.

L’entreprise individuelle était, jusqu’il y a peu, un statut juridique assez risqué pour le chef d’entreprise. Seule sa résidence principale bénéficiait d’une protection contre les créanciers professionnels. Le reste de son patrimoine personnel était exposé. Cependant, avec le nouveau statut unique d’entrepreneur individuel, tous les biens propres du chef d’entreprise sont insaisissables par les créanciers professionnels. Ces derniers ne peuvent s’attaquer qu’au patrimoine professionnel. La protection s’applique de plein droit, sans option ni formulaire à remplir.

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Les statuts juridiques financièrement inintéressants

Le recours à certains statuts juridiques peut être, parfois, inintéressant voire pénalisant pour l’entreprise. L’ampleur du manque à gagner dépend toutefois de nombreux paramètres liés au projet et à la stratégie de sortie de ressources. Si l’entrepreneur souhaite se rémunérer sous forme de rémunérations (sans dividendes), il vaut mieux opter pour un statut juridique qui lui permet de s’affilier à la sécurité sociale des indépendants (SSI). Ce sera notamment le cas de la SARL ou de l’EURL. Ici, le taux de charges sociales est de 45 %, contre plus de 75 % s’il l’entrepreneur est assimilé salarié (SAS/SASU).

Certains régimes fiscaux doivent aussi être utilisés avec précaution. Il s’agit, par exemple, du régime micro-entreprise auquel peuvent opter les entreprises individuelles et les EURL. À priori attractif, il peut toutefois faire perdre beaucoup d’argent à l’entreprise. C’est le chiffre d’affaires qui sert de base de calcul aux cotisations sociales (et non pas le résultat pour les entreprises à l’impôt sur le revenu ou les rémunérations pour les entreprises à l’impôt sur les sociétés). L’abattement forfaitaire de 71, 50 ou 34 % ne permet de déduire aucune charge. Ce régime reste inadapté aux projets à structure de coûts élevés.

Les statuts juridiques au fonctionnement peu encadré par la loi

Enfin, les structures souples et flexibles, très préconisées des start-ups, peuvent présenter des risques. Cette remarque concerne notamment la société par actions simplifiée (SAS). La loi encadre très peu ce type de structure. Il est possible d’y faire à peu près ce que l’on souhaite, contrairement aux autres formes juridiques. Cela consiste, par exemple, à créer des catégories d’actions conférant des droits différents aux actionnaires. Les statuts peuvent aussi créer des organes chargés de missions spécifiques (contrôler la gestion de la société, prendre certaines décisions, etc.).

Choisir un tel statut implique de consacrer une attention particulière à la rédaction des statuts. Il faut y accorder du temps et beaucoup de vigilance. En effet, la loi étant muette sur de nombreux points, les associés fondateurs doivent impérativement y prévoir certaines règles (majorité, quorum, modalité de délibération des associés…). Dans le cas contraire, la société peut subir une paralysie qui peut causer sa dissolution en justice. Les associés ne doivent pas hésiter à se faire accompagner par un professionnel du droit en cas de doute ou de besoin.

Thibaut Clermont

Co-fondateur du site Le Coin des Entrepreneurs et dirigeant de FCIC, société spécialisée dans l'édition de sites internet sur la création, la gestion et la reprise d'entreprise. Ancien expert-comptable stagiaire.

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