ARCE, ARE et ACRE : les différences entre ces aides à la création/reprise

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Les créateurs et repreneurs d’entreprise peuvent bénéficier de différents dispositifs d’aide pour mener à bien leur projet. Ils doivent parfois faire un choix parmi les options possibles. C’est pendant cette phase de réflexion qu’émergent des termes assez complexes comme l’ARE, l’ARCE ou l’ARCE. Malheureusement, ces acronymes se ressemblent et sèment la confusion dans l’esprit des entrepreneurs. Pourtant, ils présentent des différences fondamentales. L’objectif de ce dossier est de les présenter. Il aborde notamment :

  • La définition de chaque acronyme (que signifient les mots ARE, ARCE et ACRE ?)
  • La nature de chaque aide (en quoi consiste l’ARCE, l’ACRE et l’ARE ?)
  • Les conditions d’octroi de ces dispositifs (qui peut en bénéficier ?)

Enfin, un tableau de synthèse récapitule les principales différences à retenir entre l’ARE, l’ACRE et l’ARCE.

differences entre are arce et acre

ACRE, ARCE et ARE : les significations des différents acronymes

L’ARE est l’aide au retour à l’emploi. Dans le cadre d’une création d’entreprise, on parle plutôt de maintien de l’ARE. En effet, cette aide concerne généralement les demandeurs d’emploi déjà indemnisés qui souhaitent bénéficier du maintien de leurs allocations chômage dans le cadre de leur projet de création ou de reprise d’entreprise. Différentes configurations permettent d’assurer ce maintien. Il faut notamment que le créateur ne perçoive pas – ou peu – de revenus.

ARCE signifie aide à la reprise ou à la création d’entreprise, tandis que l’ACRE est l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise. Ces deux acronymes signifient la même chose mais ils ne font pas du tout référence au même type d’aide. L’ARCE est un versement du reliquat des droits à l’assurance chômage. L’ACRE – auparavant ACCRE pour Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’entreprises – est un dispositif d’exonération de charges sociales.

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ARCE, ACRE et ARE : la nature de ces aides

L’ACRE : une exonération de cotisations sociales

L’ACRE (ex-ACCRE) est une exonération de cotisations sociales octroyée aux créateurs et repreneurs d’entreprise, pendant une durée d’un an. L’exonération peut être de 25 % de certaines cotisations (revenus < 75% du plafond annuel de la sécurité sociale) ou partielle (compris entre 0 % et 25 % pour les revenus < PASS). Lorsque les revenus dépassent le PASS, soit 48 060 euros, l’exonération est nulle.

Le montant exact de l’aide dépend des revenus perçus par le créateur/repreneur. De plus, l’exonération ACRE ne concerne pas toutes les cotisations. La CSG et la retraite complémentaire ne sont pas concernées. L’attribution de l’ACRE n’est pas automatique : il convient de remplir certaines conditions, et de déposer une demande dans un délai de 60 jours à compter de la date d’ouverture de l’activité.

L’ARE : une allocation chômage mensuelle

L’ARE, plus connue sous l’appellation « allocation chômage » correspond à un revenu de remplacement versé par Pôle Emploi aux personnes involontairement privées d’emploi. A la base, il ne s’agit donc pas de créateurs et repreneurs d’entreprise. Toutefois, ces derniers peuvent bénéficier d’un maintien de cette aide mensuelle sous conditions (voir ci-dessous). L’ARE profite au demandeur d’emploi, à titre personnel. Elle fait l’objet d’ajustements en cas de perception d’une rémunération.

L’ARCE : un versement en capital ponctuel

Enfin, l’ARCE est, contrairement à l’ARE, un versement en capital des droits à l’assurance chômage restant au créateur/repreneur d’entreprise. Son montant représente 60 % du reliquat des droits à l’ARE de l’intéressé. L’ARCE est versée en 2 fois au début de l’activité : 50 % lorsque les conditions sont réunies et 50 % six mois après la date de création. Comme l’ARE, l’ARCE profite uniquement au demandeur d’emploi. Ce dernier peut toutefois injecter les fonds dans l’entreprise.

ARE, ARCE et ACRE : les conditions d’octroi de ces aides

Conditions d’octroi de l’ACRE

Pour bénéficier de l’ACRE, il faut être dans une situation particulière (demande d’emploi, jeune…) et de créer ou de reprendre une entreprise ayant une activité économique (sous forme d’entreprise individuelle ou de société) et d’en exercer le contrôle. Le contrôle est présumé être exercé si le créateur détient plus de 50 % du capital avec son conjoint, partenaire, concubin, enfants, parents et au moins 35 % à titre personnel. A défaut, le créateur/repreneur doit diriger la société et détenir au moins 1/3 du capital avec les membres de son cercle familial dont au moins 25% à titre personnel. De plus, aucun autre associé ne doit détenir plus de 50 % du capital. La condition de contrôle s’apprécie lors de la création et pendant au moins 2 ans après. Pour les micro-entrepreneurs comme pour les sociétés, l’ACRE n’est pas attribuée automatiquement. Il convient, pour en bénéficier, de déposer un dossier complet.

Conditions d’octroi du maintien de l’ARE

Pour bénéficier du maintien de l’ARE, il faut remplir les conditions d’attribution de l’aide au retour à l’emploi et ne pas avoir déjà perçu l’ARCE. Le créateur/repreneur doit demander à maintenir son inscription comme demandeur d’emploi auprès de Pôle Emploi. Parmi les conditions générales d’octroi de l’aide, on retrouve notamment la privation involontaire d’emploi, l’aptitude physique à exercer un emploi et l’inscription à Pôle Emploi. Il faut également avoir travaillé au mois 6 mois au cours des 24 derniers mois. En cas de création/reprise, le maintien de l’ARE n’est possible que si le demandeur d’emploi ne perçoit pas de revenus soumis à cotisations sociales. C’est notamment pour cette raison que la SASU connaît un important succès. En revanche, la micro-entreprise rend le cumul difficile, voire impossible.

Conditions d’octroi de l’ARCE

Enfin, pour bénéficier du versement de l’ARCE, il faut avoir obtenu l’ACRE et bénéficier de l’aide au retour à l’emploi (ou être autorisé à bénéficier de l’ARE au moment du lancement de l’activité). Bien évidemment, une entreprise doit être créée ou reprise. Des dispositions particulières existent pour les personnes licenciées qui débutent leurs démarches de création/reprise pendant leur préavis, congé de reclassement ou congé de mobilité.

ACRE, ARCE et ARE : synthèse des différences (tableau récapitulatif)

ACREARCEARE *
Signification de l’acronymeACRE – Aide à la création ou à la reprise d’entrepriseARCE – Aide à la reprise ou à la création d’entrepriseARE – Aide au retour à l’emploi
Bénéficiaire de l’aideL’entreprise créée ou repriseLe demandeur d’emploi créateur ou repreneurLe demandeur d’emploi créateur ou repreneur
Nature de l’aideExonération de certaines charges socialesVersement d’un capital ponctuelVersement d’une allocation mensuelle
Montant de l’aideRéduction de 25 % (<75% du PASS) ou dégressive (<100% du PASS)60 % des droits à l’assurance chômageVariable, selon le salaire journalier de référence (SJR)
Durée de l’aide12 mois (micro-entreprise : trimestre en cours et 3 trimestres suivants)Deux versements (le dernier 6 mois après la création)Entre 182 et 730 jours calendaires maximum
Cumul avec une autre aideAvec l’ARCE ou l’AREUniquement avec l’ACREUniquement avec l’ACRE
* Des règles différentes s’appliquent pour les personnes âgées de 53 ans et plus

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Thibaut Clermont

Co-fondateur et rédacteur du site Le Coin des Entrepreneurs
Média online de référence sur la création, la reprise et la gestion d'entreprise
Expert en création d’entreprise

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4 commentaires sur “ARCE, ARE et ACRE : les différences entre ces aides à la création/reprise”

  1. Magali dit :

    Bonjour Monsieur,
    Merci beaucoup pour votre réponse.
    Suite à la question que je vous ai posée, j’ai eu une personne de France travail au téléphone et elle m’a dit que si je créais ma micro le 1er avril et que je demandais l’acre, je ne pourrais pas donner le justificatif de statut de demandeur d’emploi, vu que je travaille toujours jusqu’à fin mai… Donc ce n’est pas grave, je vais attendre de démissionner pour créer ma micro-entreprise et demander l’acre le 1er juin…
    Merci encore. Bonne journée. Bien cordialement

    • Thibaut Clermont dit :

      Bonjour Madame,
      Merci pour votre retour ! En effet, il vaut mieux sécuriser votre opération.
      Il me semblait que cela était possible dans la mesure où le projet avait été préalablement accepté par France Travail (démission légitime).
      En effet, il est préférable d’attendre ;-)
      Bonne fin de journée. Cordialement.

  2. Magali dit :

    Bonjour je démissione de mon emploi le 31 mai prochain et je souhaiterais créer une micro-entreprise. Mon dossier démissionnaire a été validé par france travail donc je vais pouvoir bénéficier des ARE. j’aimerais savoir si j’ai le droit de créer ma micro-entreprise dès le 1er avril, avant d’avoir démissionner ? L’intérêt c’est que mon ACRE couvrirait 4 trimestres complets si je crée la micro-entreprise le 1er avril, jusqu’au 31 mars de l’année suivante et c’est un avantage.
    Merci beaucoup pour votre aide.
    Bien cordialement. Mme Benattou

    • Thibaut Clermont dit :

      Bonjour Madame,
      Oui, sauf erreur de ma part, vous pouvez, dans votre situation, créer votre micro-entreprise avant la fin de votre contrat (dès le 1er avril), même si vous êtes encore salariée et que votre contrat se termine le 31 mai.
      Cela dit, soyez vigilante sur 2 points :
      – Dans votre contrat de travail, vérifiez l’absence de clause d’exclusivité ou de clause de non-concurrence
      – Assurez-vous que votre projet soit bien réel et sérieux et que vous l’ayez bien fait validé en amont par France Travail (démission « légitime » ; ce qui est apparemment votre cas).
      Votre projet doit être exactement le même que celui qui a été validé par France Travail.
      Vous avez parfaitement raison, l’ACRE fonctionne par périodes qui peuvent être optimisées. Créer au 1er avril permet de maximiser la durée d’exonération de cotisations sociales. Attention toutefois, l’ACRE démarre à la date de création. Ainsi, même si vous ne facturez pas encore, la période d’exonération démarre tout de même. Donc assurez-vous d’être prête à exploiter rapidement.
      Pour sécuriser votre projet, je vous conseille de faire valider mes propos par un responsable de France Travail.
      Bonne journée. Cordialement.

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