Dans le cadre des travaux comptables qui vont permettre au chef d’entreprise d’élaborer ses comptes annuels, une partie importante consiste à rattacher correctement les produits et les charges au bon exercice comptable. En effet, dans la comptabilité, et notamment lorsque l’on se rapproche de la date de clôture de l’exercice, il est possible que certains mouvements enregistrés (des produits ou des charges) concernent totalement ou partiellement l’exercice suivant. De même, il est également possible que des produits ou des charges enregistrés sur l’exercice suivant concernent, totalement ou partiellement, le précédent exercice. Pour palier à ce problème, des opérations comptables de fin d’exercice doivent être enregistrées : les charges et les produits constatés d’avances, les factures non parvenues et les produits à recevoir.
- Les charges constatées d’avance en comptabilité
- Les produits constatés d’avance en comptabilité
- Les factures non parvenues en comptabilité
- Les produits à recevoir en comptabilité

Les charges constatées d’avance en comptabilité
En comptabilité, les charges constatées d’avance permettent de neutraliser l’impact sur le résultat des charges qui ont été comptabilisées au titre d’un exercice, mais qui concernent, totalement ou partiellement, l’exercice suivant.
Le schéma de l’écriture comptable est le suivant pour enregistrer une charge constatée d’avance :
- On débite le compte 486 « charges constatées d’avance » pour le montant de la charge à neutraliser,
- Et on crédite le compte de charge concerné (compte de classe 6) en contrepartie.
Voici un exemple de charge constatée d’avance :
Votre entreprise clôture ses comptes au 31 décembre. Vous enregistrez dans votre comptabilité, au 1 décembre, un loyer trimestriel d’un montant de 1000 euros hors taxes pour un équipement (période du 1 décembre au 28 février). Vous avez donc enregistré une charge sur l’exercice en cours dont une partie concerne l’exercice suivant (du 1 janvier à fin février). À la clôture de l’exercice, vous devez donc comptabiliser une charge constatée d’avance d’un montant de 666,66 euros hors taxes (les 2 mois de loyer qui concernent l’exercice suivant).
Les produits constatés d’avance en comptabilité
En comptabilité, les produits constatés d’avance constituent l’équivalent des charges constatées d’avance. Ils permettent de neutraliser l’impact sur le résultat des produits qui ont été comptabilisés au titre d’un exercice mais qui concernent, totalement ou partiellement, l’exercice suivant.
Le schéma de l’écriture comptable est le suivant pour enregistrer un produit constaté d’avance :
- On crédite le compte 487 « produits constatés d’avance » pour le montant du produit à neutraliser,
- Et on débite le compte de produit concerné (compte de classe 7) en contrepartie.
Voici un exemple de produit constaté d’avance :
Votre entreprise clôture ses comptes au 31 décembre. Vous enregistrez dans votre comptabilité, au 31 décembre, une facture de prestation de services d’un montant de 1000 euros hors taxes. Cette prestation n’est toutefois réalisée qu’à hauteur de 50 % le jour de la clôture des comptes. Vous avez donc enregistré un produit sur l’exercice en cours dont une partie concerne l’exercice suivant (les 50 % restants). À la clôture de l’exercice, vous devez donc comptabiliser un produit constaté d’avance d’un montant de 500 euros hors taxes.
Les factures non parvenues en comptabilité
En contrepartie des charges constatées d’avance, il se peut également que, dans la comptabilité d’un exercice, certaines charges ne sont pas enregistrer, car les factures seront datées sur l’exercice suivant. Dans ce cas de figure, la comptabilisation d’une facture non parvenue va permettre d’impacter le résultat avec la charge correspondante en la provisionnant.
Le schéma de l’écriture comptable est le suivant pour enregistrer une facture non parvenue :
- On crédite le compte 408 « factures non parvenues » pour le montant de la facture à provisionner,
- Et on débite le compte de charge concerné (compte de classe 6) en contrepartie, ainsi que, le cas échéant, la TVA (compte 44586).
Voici un exemple de facture non parvenue :
Votre entreprise clôture ses comptes au 31 décembre. Vous recevez une facture, au 1 janvier de l’année suivante, pour un loyer mensuel d’un montant de 500 euros hors taxes relative à un équipement que vous louez. Cette facture concerne la période de location de décembre. Vous allez donc enregistrer une charge sur l’exercice suivant qui concerne l’exercice précédent. À la clôture de l’exercice, vous devez donc comptabiliser une facture non parvenue d’un montant de 500 euros hors taxes afin de tenir compte de la charge dans vos comptes annuels.
Les produits à recevoir en comptabilité
Les produits à recevoir sont l’équivalent des factures non parvenues, pour les comptes de produits (compte de classe 7). À la clôture d’un exercice, certains produits peuvent ne pas être enregistrés, car les factures seront datées sur l’exercice suivant. Dans ce cas de figure, la comptabilisation d’un produit à recevoir va permettre d’impacter le résultat avec le produit correspondant en le provisionnant.
Le schéma de l’écriture comptable est le suivant pour enregistrer un produit à recevoir :
- On débite le compte 4181 « factures à établir » pour le montant de la facture à provisionner,
- Et on crédite le compte de produit concerné (compte de classe 7) en contrepartie, ainsi que, le cas échéant, la TVA (compte 44587).
Voici un exemple de produit à recevoir :
Votre entreprise clôture ses comptes au 31 décembre. Vous enregistrez dans votre comptabilité de janvier une facture de prestation de service d’un montant de 1000 euros hors taxes. La moitié de cette prestation a été réalisée avant le 31 décembre. Vous avez donc enregistré un produit sur l’exercice en cours dont une partie concerne l’exercice précédent (les 50 % restants). À la clôture de l’exercice, vous devez donc comptabiliser un produit à recevoir d’un montant de 500 euros hors taxes.