Index » La création d'entreprise » Commerce organisé » Franchise » La création en franchise

La création en franchise

Selon l’APCE, chaque année, environ 2 500 entreprises se créent en franchise, soit 3% des créations d’entreprise en France.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la création en franchise ? Qui peut créer en franchise, combien ça coûte… Nous vous proposons ici de faire le point sur les principales questions à se poser avant d’aller plus loin.

1. Qu’est-ce que la franchise ?

La principe de la franchise repose sur une idée forte : celle du partage de la réussite. Une entreprise (le franchiseur) crée une activité avec succès. Pour booster son développement de cette activité, l’entreprise modélise son savoir-faire et délègue la création de ses nouveaux points de vente à des entrepreneurs indépendants (les franchisés). L’idée, le test de l’idée, la modélisation du savoir-faire et la marque forment le concept.

Le franchisé adhère à ce concept en s’engageant par contrat. En contrepartie de l’utilisation de ce concept, le franchisé paie dans un premier temps un droit d’entrée et par la suite des royalties.

De son côté le franchiseur s’engage par contrat à transmettre son savoir-faire au franchisé et à lui porter assistance pendant toute la durée de l’exploitation de son concept. Il s’engage également à lui accorder une exclusivité territoriale d’exploitation de sa marque pour lui assurer une zone de chalandise qui soit suffisante et sans concurrence de la part des autres membres de son réseau. Selon les derniers chiffres de la Fédération Françaises de la Franchise, en 2010, la France comptait 1 472 réseaux et 55 871 chefs d’entreprise franchisés réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 47 milliards d’euros.

2. Quelles sont les différentes formules possibles ?

Selon l’idée de départ et l’activité développée, le réseau créé peut être soit une franchise de distribution, soit une franchise de production, soit une franchise de service. La différence entre ces différentes formules a été posée par un arrêt rendu en janvier 1986 par la justice dans l’affaire Pronuptia.

Ainsi, dans une franchise de distribution le franchisé « se borne à vendre certains produits dans un magasin qui porte l’enseigne du franchiseur ». Dans une franchise de production, le franchisé « fabrique, lui-même, selon les indications du franchiseur, des produits qu’il vend sous la marque de celui-ci ». Dans une franchise de service, le franchisé « offre un service sous l’enseigne, le nom commercial voire la marque du franchiseur, et en se conformant aux directives de ce dernier ».

L’engagement du candidat peut prendre différentes formes selon la nature du contrat proposé par la tête de réseau :

A. La franchise :

Elle repose sur la collaboration étroite et continue entre des entreprises juridiquement et financièrement distinctes et indépendantes : le Franchiseur et ses Franchisés. Le contrat signé pour une durée déterminée accorde aux franchisés le droit d’exploiter un concept en contrepartie du versement d’un droit d’entrée et de redevances de fonctionnement. Le franchiseur est tenu d’apporter une assistance à ses franchisés au démarrage puis pendant toute la durée du contrat. Le franchisé est tenu de respecter les directives du concept et ne peut, sauf qu’en de très rares exceptions, commercialiser d’autres produits ou services complémentaires même non concurrents.

B. La commission-affiliation :

Cette formule est assez proche dans sa logique du dépôt-vente. Le fournisseur est propriétaire de la marchandise et rémunère le distributeur en commissions sur le chiffre d’affaires généré. Le distributeur n’est pas maître du choix des produits à commercialiser mais en contrepartie, il n’a pas a supporter les frais des invendus puisque le stock reste la propriété du fournisseur. Aucune obligation d’accompagnement n’est généralement prévue au contrat mais dans les faits, les enseignes proposant cette formule offrent souvent une assistance. L’affilié peut commercialiser d’autres produits ou services complémentaires sur son lieu de vente.

Pour plus d’informations : la commission-affiliation

C. La concession :

Souvent utilisée dans le cadre de la distribution d’un produit associé ou non à un service, la concession est un contrat de distribution par lequel un fournisseur (le concédant) désigne un distributeur (le concessionnaire) comme étant son revendeur exclusif sur un territoire géographique déterminé. Selon l’activité, le concessionnaire peut commercialiser des produits complémentaires non concurrents. Le savoir-faire n’est pas toujours transmis. L’accompagnement est souvent restreint.

D. La coopérative :

Souvent utilisée par les réseaux de la grande distribution, la coopérative est un regroupement de commerçants ou d’entrepreneurs indépendants autour d’un intérêt commun qui est le plus souvent la création d’une centrale d’achat, la mise en place de campagnes de communication communes, la création de moyens logistiques… Dans une coopérative, chaque entreprise adhérente garde son indépendance de fonctionnement et profite des services et des moyens créés en commun en contrepartie d’une cotisation. La coopérative s’appuie sur un fonctionnement égalitaire.  Chaque entreprise adhérente dispose d’une voix identique, quelque soit sa taille.

E. La licence de marque :

La licence de marque permet à un entrepreneur (le licencié) d’exploiter le nom d’une marque (le concédant) pour distribuer les produits de celle-ci. En contrepartie de ce droit d’exploiter, l’entrepreneur s’engage à verser une redevance ou un montant forfaitaire. Selon le type de contrat, le licencié peut se voir accorder le droit d’utilisation d’une marque de manière exclusive ou non. Le licencié peut commercialiser plusieurs marques. L’accompagnement et la transmission du savoir-faire sont souvent restreints.

F. Le partenariat :

Situé à mi-chemin entre la franchise et la concession, le partenariat est un accord commercial entre des partenaires indépendants qui repose sur un intérêt commun. Comme en franchise, le partenariat implique la mise à disposition d’un concept par l’un des partenaires en contrepartie du versement d’une contribution directe ou indirecte mais ce concept peut être adapté dans une proportion d’au maximum 20% en fonction des particularités locales. Le partenariat implique ainsi de fait une plus grande liberté des contractants.

Toutes ces formes de développement en réseau sont souvent regroupées sous le nom générique de commerce organisé.

3. Se lancer en franchise, par où commencer ?

Pour se lancer en franchise, il faut tout d’abord repérer les secteurs pour lesquels vous avez un minimum d’affinité. Ensuite, dans ces secteurs, il vous faudra repérer ceux qui rentrent dans vos possibilités financières. Quand ce premier tri est fait, lister les réseaux correspondants et recueillez le maximum d’informations sur chacun d’eux (salons, sites internet spécialisés franchise, sites des enseignes…).

A l’issue de ce premier travail, vous devez normalement commencer à cerner la poignée de réseaux qui correspond à votre profil. C’est à ce moment là que vous pouvez prendre les premiers contacts avec les franchiseurs en ayant préalablement préparé les grandes lignes de votre dossier de présentation de votre candidature. La première rencontre avec le franchiseur est capitale. Vous devez vous sentir à l’aise et en confiance. Lors de ce premier entretien, il vous sera remis un dossier complet de présentation de l’entreprise et une copie du DIP (Document d’Information Pré-contractuel).

Il est important alors de confronter les informations collectées en amont et celles données par le franchiseur à la réalité du terrain. Visitez un maximum d’unités franchisées de l’enseigne pressentie pour vous faire votre propre opinion. Gardez à tous moments les yeux et les oreilles grands ouverts pour chercher la faille entre le discours institutionnel et la vie au quotidien du franchisé. Si vous avez un doute, passez votre chemin. Il vaut mieux rater une bonne affaire plutôt que d’en faire une mauvaise qui vous engagera pour plusieurs années.Dès lors que le dialogue s’installe, vous pouvez commencer à chercher un local qui correspondrait aux critères du concept choisi.

Vient alors le moment à proprement parlé du montage du dossier (études de faisabilité, analyse du marché local, budgets prévisionnels, plan de montage de votre financement). Vous devez avoir maintenant tous les éléments en main pour négocier un prêt à la banque.

La signature du contrat intervient à l’issue de toutes ces démarches. Il vous faudra verser alors le montant du droit d’entrée et vous préparer à suivre la formation initiale avant d’ouvrir les portes de votre future affaire.

Article rédigé en partenariat avec l’équipe de Toute-la-franchise.com

 


Pierre FACON – Webmaster du coin des entrepreneurs

Dirigeant de F.C.I.C, édition et gestion de sites sur la création et la gestion d’entreprise.
Conseiller en création d’entreprise


A lire également sur la franchise :

4 commentaires sur “La création en franchise”

  1. Anne-Marie

    Merci pour cette page. Un très bon moyen de commencer en douceur pour mieux décoller par la suite.

  2. Vincent

    Très intéressante cette page. La franchise est un bon moyen de commencer directement avec tout un réseau solide. Merci pour ces infos

  3. Pierre F.

    Bonjour Inès,

    Votre commentaire est très pertinent, merci pour votre participation et à bientôt peut-être.

    N’hésitez pas à vous inscrire sur notre forum !

    Bonne journée,

  4. Inès

    Si la franchise est en effet une alternative à la création d’entreprise, beaucoup ignorent également le potentiel des franchises dîtes « simplifiées » qui sont reliées au domaine de la vente directe et du marketing relationnel. Comme une franchise, il s’agit de travailler en partenariat avec une marque et de distribuer en son nom, avec la construction ou non d’un réseau de distributeur.

    Ces nouvelles générations de franchise présentent un certains nombre d’avantages : pas de fond de commerce ni de biens immobilier à acheter, pas de stock, pas de salariés, statut VDI (pas de charge sociale, exonération de TVA, etc.), accompagnement et formation par votre réseau d’indépendants, etc.

    SI le statut VDI est souvent associé à une activité de complément de revenu, on oublie que c’est un réel tremplin vers la création de son entreprise. Ce statut est en effet temporaire. Une fois votre affaire suffisamment développée en termes de chiffres d’affaires, il devient alors possible de déposer votre SARL/EURL.

    La franchise simplifiée permet donc de créer son entreprise en douceur, pas à pas, sans les risques ni les inconvénients d’une création d’entreprise classique.

    A l’heure où beaucoup n’osent pas se lancer faut de moyens ou d’idées, c’est une voie alternative à l’entrepreneuriat qui mérite d’être connu.

Poster un commentaire

Compte tenu de vos nombreux commentaires, nous ne vous garantissons pas une réponse immédiate. Vous pouvez aussi obtenir de l'aide en utilisant notre forum : accès au forum


Copyright © SARL F.C.I.C numéro 00054488 - Le Coin des Entrepreneurs - création, reprise et gestion d'entreprise - Marque déposée à l'INPI - Édité par FCIC Média