Index » Actualité » Interview de Trad Online

Interview de Trad Online

Voici une nouvelle interview du Coin des Entrepreneurs, à travers laquelle nous avons eu la chance de dialoguer avec Mathieu Maréchal, dirigeant de Trad Online, société spécialisée dans la traduction.

Cet échange est porté sur le thème « Se développer via le web » autour de 8 questions avec des réponses très enrichissantes.

1. Vous attendiez vous à réussir aussi bien le démarrage de l’entreprise grâce à internet ?

Honnêtement non, les débuts de Trad Online ont été très progressifs et c’était un développement en mode artisanal. Avant de transformer l’activité en SARL, début 2008, je l’ai menée en parallèle avec un job salarié, dans le secteur financier, et je pouvais me permettre de prendre mon temps, tester des choses, etc.

Pour tout dire, il n’y avait donc pas de Business Plan bien ficelé, avec des tableaux de projection et des coûts d’acquisition de prospects : je découvrais Viadeo, linkedin, etc et m’amusait beaucoup, et je ne « comptais pas mes heures ».

C’est en 2008/2009 qu’on a, avec mes deux associés, réellement vu la puissance des réseaux professionnels sur Internet, en particulier pour la toute petite société que nous étions (en 2009, notre CA était d’environ 350KE/an) et qu’on s’est mis à analyser/prévoir davantage.

2. Combien de temps avez-vous mis à obtenir une bonne visibilité sur le web ?

Le site www.tradonline.fr existe depuis 2002, mais je n’ai commencé à m’occuper de son référencement qu’en 2005/2006, ce qui était trop tard pour obtenir de bons résultats, mais ce n’est pas très grave car nous n’avons jamais réellement voulu faire du trafic pour du trafic pour le site, on a toujours voulu avoir du trafic très qualifié et potentiellement intéressé par nos services. Par exemple, faire croitre le trafic de 5000 visiteurs par mois peut n’avoir aucun intérêt pour nous par rapport à 1 seul visiteur très qualifié de plus, qui deviendra potentiellement notre futur grand compte et investira jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’Euros dans nos services de traduction.

La visibilité Web, c’est aussi et surtout pour nous nos profils personnels, nos groupes et nos pages d’entreprise sur les réseaux professionnels et sociaux. Nous avons par exemple un groupe sur la thématique « Traduction » sur linkedin, celui-ci compte bientôt 21.000 membres et il est dans le top 3 (mondial) pour les mots clés « traduction » et « translation ». Nous essayons de constituer de tels lieux sur Internet, où les professionnels sont présents, et où on peut montrer notre crédibilité en tant qu’agence de traduction, en donnant des infos intéressantes sur le métier et son évolution, des astuces pour l’internationalisation des entreprises, ou encore des infos amusantes sur notre page Facebook (des exemples amusants de traduction ratées).

Pour répondre à la question de la durée, cela a représenté comme je l’ai dit un processus artisanal pendant 2 ans environ (2006-2007) puis on a davantage organisé les choses au cours des dernières années, mais l’atteinte d’une visibilité permettant de générer un flux régulier de prospects et de partenaires a mis environ 2 à 3 ans (en sachant que c’était avec nos moyens internes uniquement, je suis sûr qu’il y aurait eu moyen d’aller beaucoup plus vite).

3. Quelle a été votre stratégie pour vous référencer sur internet ?

Comme je l’ai dit, nous avons beaucoup travaillé sur notre présence sur les réseaux professionnels. On a pris du temps, en interne, pour travailler nos profils, contacter du monde et se constituer des réseaux de taille conséquente.

Concernant notre site frontal, on a fait de l’Adwords pendant 2 à 3 ans, avec de très bons résultats au début et des résultats médiocres à la fin, la concurrence sur les mots-clés d’intérêt étant devenue absurde. Certains mots-clés se vendaient à 5 Euros le click la dernière fois que j’ai regardé : c’est-à-dire que les grands groupes de traduction (c’est mon hypothèse en tout cas) investissent des sommes importantes pour truster ces mots-clés et les sociétés de taille moyenne, comme la nôtre, ne peuvent pas suivre. En effet, acheter 5 euros le click, cela veut dire un coût d’acquisition de plusieurs centaines d’Euros par prospect, avec ensuite un taux de transformation prospect>client assez faible car le prospect qui passe par Google est, en général (mais je ne veux pas faire de généralisation abusive), en train de comparer plusieurs prestataires potentiels et on a donc statistiquement 1 chance sur X d’être retenus, malgré notre super offre prix/qualité/service J

Plusieurs centaines d’Euros multipliés par le taux de transformation = potentiellement un coût d’acquisition client de 1000, 2000 Euros ? Ce n’est pas assez fiable pour nous, surtout sachant que je peux aller contacter en direct les clients qui m’intéressent sur Viadeo ou sur Linkedin ! (pour nuancer ceci, l’avantage majeur étant bien sûr, côté Google Adwords, que le prospect est déjà intéressé de trouver un service de traduction lorsqu’il recherche sur Google).

Nous avons aussi sollicité deux sociétés spécialisées dans l’optimisation de campagnes Adwords, mais sans résultat probant.

En 2013, le flux de trafic vers notre site vient des réseaux professionnels, de différents liens partout sur le Web (articles sur notre société, interviews, sociétés partenaires), de notre blog www.tradonline.fr/blog et de recherches directes sur les moteurs de recherche. Nous travaillons en continu à créer du contenu d’intérêt sur notre blog et sur les réseaux, et à le diffuser puis animer les retours qu’on obtient, cela nous semble le plus pertinent pour un référencement vraiment naturel et pérenne.

4. Aviez-vous des connaissances en matière de communication web lorsque vous vous êtes lancé ou avez-vous appris petit à petit ?

J’ai travaillé plusieurs années pour un courtier en bourse très connu, avant de me lancer à temps plein sur le projet Trad Online, et oui, j’avais donc quelques connaissances, mais elles n’étaient pas très développées. L’un de mes associés, Vincent Rivalle, et moi-même, avons travaillé ensemble pour nous former à la communication Web, et nous avons aussi puisé notre inspiration chez d’autres J

5. Quels sont les réseaux sociaux que vous utilisez et pourquoi ?

A titre personnel, j’utilise les réseaux sociaux quasi uniquement pour raisons professionnelles, je gère ma vie privée par email et téléphone. Sur le plan professionnel, c’est principalement Linkedin, qui est pour moi le site le plus abouti et toujours en avance sur ses concurrents. Viennent ensuite Viadeo, puis Xing.

Je n’utilise presque pas Twitter et Facebook.

Trad Online par contre est présente sur Viadeo (un groupe et une page d’entreprise), Linkedin (un groupe et une page d’entreprise), Xing, Facebook, twitter et depuis peu Google+.

Nous nous en servons, comme je l’ai indiqué, pour diffuser du contenu, se faire connaitre, échanger avec des futurs clients et partenaires potentiels.

6. Quel a été l’impact des réseaux sociaux sur le développement de votre activité ?

Un seul chiffre : en 2007, avant de me lancer en statut SARL, plus de 50% du nouveau CA, par rapport à l’année précédente, venait de personnes/sociétés rencontrées via Viadeo et Linkedin. Ce chiffre a baissé au cours des années suivantes, car on a commencé à faire du commercial plus traditionnel, mais est resté à plus de 25% jusqu’en 2010 environ et cela représente aujourd’hui encore un flux de prospects/partenaires important.

7. Quels sont pour vous les points importants pour réussir à percer sur internet ?

Il faut soit avoir de l’argent à investir (Business Angels, fonds d’invest), soit être passionné et y passer beaucoup de temps ! Je pense qu’il est utile aussi de se créer un bon petit réseau d’experts, qui pourront être une source d’inspiration, d’astuces et d’idées, en général, selon ses centres d’intérêt (réseaux sociaux, référencement naturel, liens sponsorisés, etc.), vous trouverez d’excellents blogueurs traitant de ces thématiques, il vous restera à les lire régulièrement, voire à les contacter pour échanger !

8. Envisagez-vous de trouver d’autres canaux de développement ou pensez-vous que le web peut suffire pour continuer à développer votre entreprise ?

C’est déjà le cas en fait, depuis 2010, date à laquelle nous avons embauché notre première salariée !

Nous faisions beaucoup de networking physique (salons professionnels, soirées business, etc.) en plus du Web, et un peu de commercial traditionnel, mais sans que ce soit systématisé.

Avec l’embauche de nos premiers salariés, cela nous a permis de leur affecter des missions de commercialisation, avec plus de régularité.

Pour une activité comme la nôtre (traduction et interprétariat), il aurait été très difficile de passer le cap du million d’Euros de CA annuel sans ajouter une partie de commercial traditionnel dans notre démarche, car certains clients ne passent pas par le Web/les réseaux sociaux, mais sont accessibles principalement par recommandation, par contact direct, etc. Il est en tout cas clair que pour la poursuite de notre croissance, ce sera nécessairement un mix intelligent à trouver entre le Web, les réseaux sociaux et des méthodes plus classiques mais qui restent, à mon sens, tout aussi importantes qu’avant (rencontrer son client, l’inviter à déjeuner, garder un contact téléphonique régulier), pour des activités B2B en tout cas.

 

L’équipe du Coin des Entrepreneurs remercie l’entreprise Trad Online pour cette interview très enrichissante.

Pour trouver Trad Online :

Poster un commentaire

Compte tenu de vos nombreux commentaires, nous ne vous garantissons pas une réponse immédiate. Vous pouvez aussi obtenir de l'aide en utilisant notre forum : accès au forum


Copyright © SARL F.C.I.C numéro 00054488 - Le Coin des Entrepreneurs - création, reprise et gestion d'entreprise - Marque déposée à l'INPI - Édité par FCIC Média